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La Durance

De sa source au pied du Sommet des anges, à 2 390 m, au sud du Montgenévre, jusqu’au confluent avec le Rhône, la Durance parcourt 305 km. Toutefois, le plus long cours est tracé par le système Clarée-Durance et a une longueur de 323,8 km. L’originalité du cours est sa pente, de 81 m/km sur ses 12 premiers km, puis de 15 m/km jusqu’au confluent avec la Gironde, et encore près de 8 m/km jusqu’au confluent de l’Ubaye. Cette pente reste relativement élevée dans la partie inférieure : environ 0,33 % dans son cours moyen (jusqu’au pont de Mirabeau), puis encore 0,237 % dans son cours inférieur.

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Pour comparaison, à environ 100 km de la source, l’Isére coule à 330 m d’altitude et la Durance à 700 m. Ce fait contribue partiellement au caractère torrentiel de la rivière, y compris dans le cours inférieur. Le dénivelé de la Durance de sa source à Mirabeau est de 1 847 m, et de 2 090 m environ au confluent avec le Rhône.

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Formations d’îles dans le lit de la Durance

Trois types d’îles se forment dans le lit de la Durance :

  • les bancs de graviers, apportés par les crues, et généralement sans ou avec peu de végétation ;
  • les iscles ou isclons, bancs de limons fertiles sur lesquels peuvent pousser des plantes à croissance rapide (osier), et qui ne sont balayées que par les fortes crues ;
  • les bourras, des amoncellements de troncs et de bois flottés.

Les iscles peuvent faire plusieurs kilomètres de long, et jusqu’à 400 à 500 m de large. Selon Jean-Marie Gibelin, qui se fonde sur l’étude des différents plans et cadastres du lit, on peut reconstituer leur cycle de vie ainsi

  • une crue importante dépose un banc de gravier qui émerge du cours moyen ;
  • sur ce banc, des herbes et roseaux poussent. La crue suivante est ralentie à cet endroit, et dépose des limons, ce qui permet la pousse de ce qui est indiqué comme des bruyères sur le cadastre ;
  • progressivement, des arbres peuvent croître ;
  • ces arbres devenus grands sont abattus, ce qui, même en petite quantité, permet au courant de la crue de détruire ces îles, d’abord en les divisant. Les destructions sont plus importantes au moment de la décrue, qui affouille les rives, notamment sur ces coupures, et la destruction s’amplifie à chaque crue.
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Intérêt écologique

La vallée présente l’intérêt de regrouper de nombreux habitats naturels d’intérêt communautaire, régulièrement remaniés par les crues, et subissant à la fois les influences méditerranéenne et montagnarde.

Elle joue aussi un rôle important de corridor biologique, dans le cadre de la trame verte nationale et du réseau écologique paneuropéen, ce qui explique son classement en zone Natura 2000

xixe siècle

C’est pendant ce siècle que se produisent les crues les plus violentes : 1843, 1856, 1882, 1886, (cf. supra) et que la science et la technique modernes sont utilisées pour mieux connaître la rivière et faciliter son franchissement.

Des relevés sont effectués en 1850, et permettent de mesurer précisément la largeur du lit du cours d’eau : 1 200 m aux Mées, 1 600 m à Manosque, 2 000 m au confluent avec le Verdon.

En 1856, la crue millénale inonde tout le bassin de la Durance, de Sisteron jusqu’à son confluent à Avignon. Elle emporte les terrasses alluviales cultivées, rompt les digues, détruit les canaux. Les syndicats d’arrosants (qui ont remplacé les pareries) et les services locaux des Ponts et Chaussées demandent une intervention exceptionnelle à l’État. Le premier service d’observation d’une rivière est créé, le Service spécial de la Durance, afin d’étudier l’hydrologie de la rivière, suivi de son bornage kilométrique à partir de 1868, du confluent avec le Verdon à celui avec le Rhône. Ce bornage permet un nivellement et de cartographier les terres inondables.

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La construction au milieu du xix siécle du canal de Marseille, qui capte l’eau de la Durance, a permis à l’agglomération marseillaise de se développer très rapidement. De nombreux ponts ont été édifiés ou reconstruits, notamment à Volonne, Manosque, Mirabeau, Pertuis et Cadenet, certains sont des ponts suspendus.

xxe siècle : les aménagements hydroélectriques

L’utilisation de la Durance comme voie de transport décroît avec la concurrence de la route, et cesse définitivement avec celle du chemin de fer. Il ne reste que 10 radeliers en1896, un seul en 1908 (voir aussi la partie Culture).

Les aménagements hydroélectriques, avec la construction de la chaîne de barrages sur la Durance, le Verdon ainsi que sur le Buëch et la Bléone, ont eu les impacts économiques les plus importants et les plus visibles dans le paysage. La majeure partie du débit a été détournée dans des canaux en aval de Serre-Ponçon, et seul circule dans le lit naturel un débit réservé de 7 à 10 m3/s. Le lit s’est progressivement fixé et de la végétation commence à y pousser, là où l’eau ne coule plus. Grâce aux réservoirs de Serre-Ponçon et de Sainte-Croix, qui peuvent retenir un total de plus de 2 milliards de tonnes d’eau, l’irrigation reste possible en été pendant les années les plus sèches. Les plans d’eau ont permis un développement de l’économie locale grâce au tourisme estival.

 

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